StoryShow & Co

29 Apr 2017

 

 

La compagnie StoryShow & Co nous a proposé une pièce de Israël Horovitz, "Le Premier"

 

Quelle étrange pièce que cette pièce ? Sous une apparente simplicité, cinq personnages faisant la queue et se livrant une guerre sans merci pour obtenir la première place, se cache la complexité du mystère. «Le talent d’Israël» titre Eugène Ionesco dans sa préface consacrée à Horovitz. Le talent d’Israël... référence à la poésie hébraïque, l’ésotérisme mathématique, la mystique judaïque, l’humour juif. Pièce comique, ésotérique ou philosophique. Le Premier est avant tout une pièce singulière, où plus le spectateur pénètre et plus les certitudes quant à ce qu’il voit se dérobent. Cinq personnages font la queue. Soit. Mais pourquoi ? L’un croit la faire pour un match, l’autre pour un film, un autre encore pour un concert. Peu importe ce que chacun attend, ils attendent et c’est tout ce qui compte. Ils attendent et ils veulent être les premiers à attendre. En réponse à cette question : «Qu’attendons-nous ?» aucune solution mais des esquisses, des esquives laissant chacun libre d’y répondre. Qu’attend-on ? Loin de réduire le propos, de l’enfermer dans une vision unique, une réponse prête- à-penser, nous avons souhaité préserver la diversité des interprétations, les multiples portes d’entrée et les réalités changeantes. À la fois satire burlesque et tragédie absurde, drame social et conte philosophique, à la manière d’un funambule, nous invitons le spectateur à traverser ces différentes pièces réunies en une seule : LE PREMIER. Tout comme les références et la symbolique du texte, évoquant tour à tour la Kabbale, l’ancien testament, la mythologie grecque, le traitement visuel du spectacle sera métaphorique. Tout comme le synopsis, il sera épuré. Le Noir et Blanc. La vie et l’après-vie. Le franchissement de la ligne. Les personnages, incarnant à leur façon Dieu et Satan, le Bien et le Mal, la Vie et la Mort et l’Homme qui se débat pour être le Premier. Mais là où certains pourraient voir dans la mort, l’accomplissement, une fin, Israël voit un éternel recommencement. Une éternité diabolique. Insupportable. C’est le mythe de Sisyphe que Camus imaginait heureux. Dans cet essai, «Le mythe de Sisyphe» Camus évoque la recherche vaine de l’homme pour trouver un sens à un monde inintelligible, dépourvu de Dieu et dépourvu de vérités. Est-ce que la réalisation de l’absurde nécessite le suicide ? Camus répond : « Non, elle nécessite la révolte. » La pièce d’Horovitz semble être un écho à la réponse de Camus.

 

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